Colère – (15 octobre 2009)



Chacun y va depuis quelques jours de son petit commentaire, généralement aussi affligeant qu’absurde, sur la future élection (soi-disant nomination) de Jean SARKOZY à la présidence de l’EPAD. Rares sont ceux qui osent prendre le parti de le défendre. Je le dis donc ici : oui, Jean SARKOZY est mon ami, et je le soutiens. Dans son ambition et dans ses projets.



Nous sommes nombreux à nous accorder sur ce point : Jean est un brillant jeune homme de 23 ans, doté d'une énorme capacité de travail, d'une remarquable intelligence politique, et d'un sens du contact hors du commun. Il sait consulter, écouter, s’entourer, se projeter dans l’avenir, décider et (chose rare en politique) apprendre.

Jean est aussi un élu, un élu jeune, plein d’ardeur, de conviction et de détermination, comme il y en a parfois dans notre pays. S’il n’y avait l’ombre de son père, Nicolas SARKOZY, et son patronyme, sans doute l’encenserait-on. Mais voilà, Jean est le fils de son père, et il partage avec lui les mêmes passions, les mêmes centres d’intérêt. Il fait lui aussi de la politique. Faut-il pour autant le lui interdire ? Les dynasties existent, en politique comme dans d’autres professions, et je ne parlerai pas des KENNEDY, ni de ces fils de présidents de la République bien de chez nous, de droite comme de gauche (dont certains exercent toujours des responsabilités), ni de tous ces « fils de… » ou « filles de… » que l’on croise partout qui se font un prénom après avoir hérité d’un nom, tout simplement parce qu'il arrive parfois le talent puisse aussi se transmettre.

Garçon bluffant, Jean n’a rien d’un dilettante et mérite indéniablement d’être connu pour lui-même autant que par ce qu’on en dit. Certes tombé dans la marmite de la politique quand il était petit, comme spectateur avant d’en devenir acteur, la vocation lui est venue comme beaucoup « sur le tas » pour cette noblesse qu’il y a à servir et à vouloir servir. Contrairement à ce que voudraient laisser croire ses détracteurs en évoquant sa scolarité, sans doute aura-t-il été à la meilleure école qui soit en décidant de suivre les pas de son père… Dans un pays où la politique est si souvent décriée, c’est un exemple d’engagement.

Dans son action quotidienne, Jean SARKOZY fait ses preuves, sur le terrain, par sa maîtrise des dossiers, et ceux qui le côtoient le jugent sur ses actes. Comme conseiller général élu des Hauts-de-Seine. Comme président de notre majorité départementale « UMP, Nouveau Centre & Apparentés », élu aussi. Comme tout un chacun quand viendra le terme de son mandat, il rendra des comptes à ses électeurs qui lui ont accordé leur confiance parmi toute une flopée de candidats. En attendant, il avance sur son chemin et creuse son sillon.

Sans doute sa candidature à la présidence de l’EPAD ne susciterait-elle pas tant de débats s’il n’était cette question de son acte de naissance, ou si les jeunes arrivaient plus facilement aux responsabilités en politique… Sans cette question de l’âge et de la filiation, y aurait-il d'ailleurs vraiment une « affaire » ? Et plus largement encore, sans son âge et cette filiation, serait-il vraiment le Jean SARKOZY que nous connaissons ?



Revenons à l’objet de la polémique : l’EPAD. Qu’est-ce que l’EPAD, et à quoi l’EPAD sert-il ? Fondé en 1958, l’Etablissement Public chargé de l’Aménagement de la Défense (EPAD) est chargé de l’aménagement du quartier de La Défense, des études d'urbanisme, de la vente des droits à construire (par laquelle il se finance), et de l'aménagement des infrastructures du plus grand centre d’affaires d’Europe. Tout se fait sous le contrôle de l’Etat, qui délivre lui-même les autorisations de construire. Son budget en 2009 avoisine les 115 millions d’euro.

L'ensemble est extrêmement structuré, très organisé. Les pouvoirs sont répartis entre un directeur général nommé par l’Etat et un conseil d'administration. Le directeur général est chargé de gérer l'établissement au quotidien et de mettre en œuvre les décisions opérationnelles du conseil d'administration qui sont prises en accord avec l'Etat. Le conseil d'administration quant à lui est composé de 18 membres nommés pour moitié par l'Etat et pour son autre moitié par la ville de Paris, les communes de Nanterre, Courbevoie et Puteaux, le Syndicat des transports d'Ile-de-France, la Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris, la Région Ile-de-France et le Conseil général des Hauts-de-Seine. Le conseil d'administration détermine la stratégie de développement de la zone et arrête son budget. Il décide des opérations à entreprendre et des conditions de leur financement. Comme pour tout conseil d’administration, son président élu en son sein convoque les réunions du conseil d'administration. Convenons-en : la présidence du conseil d’administration de l’EPAD est une fonction essentiellement honorifique.

L’EPAD aujourd’hui, ce sont 160 hectares, 3,3 millions de mètres carrés de bureaux, 2 500 entreprises, 150 000 emplois, et un budget de 115 millions d’euro en 2009. Les Hauts-de-Seine, l’Ile-de-France, notre pays peuvent s’en enorgueillir. Après 2010, un établissement rénové, l'EPADSA (Etablissement public d’Aménagement de la Défense Seine-Arche) verra le jour, agrégeant au total plus de 770 hectares pour faire entrer La Défense dans le 21ème siècle. Pour honorifique qu’elle soit, la présidence de cet EPADSA aura besoin de beaucoup de talent et du goût de l’action, dont Jean ne manque pas, pour relever ce défi et incarner une vision de l’avenir.

Cela soulève une autre question que nos concitoyens doivent avoir à l’esprit. En plus de leur simple mandat local, où ils sont à la fois médiateurs, intermédiaires, porte-paroles, émissaires de bonne volonté, les élus (et en particulier les conseillers généraux) sont appelés à avoir d’autres responsabilités électives, propres à l’exercice de leur mandat. Elus par leurs pairs, ils peuvent présider des commissions, devenir membres de nombreuses instances connexes, qu’ils peuvent même parfois présider. Ainsi de l’EPAD, on le voit, ou de l’Office départemental des HLM des Hauts-de-Seine, parmi les plus importants. A titre personnel, je préside depuis 2002 le conseil d’administration de l’Institut départemental Gustav BAGUER, établissement public pour la rééducation, la scolarisation et la formation professionnelle des jeunes souffrant de déficience auditive, dont le siège est à Asnières. J’avais 30 ans lorsque j’y ai été élu pour la première fois.

Cela fait partie du « job », et nous l’assumons. Comme nous assumons notre soif d’agir au service de nos concitoyens. Comme d’autres l’aimeraient certainement aussi s’ils étaient élus à notre place.



Au-delà de l’EPAD proprement dit, les interrogations suscitées dans l’opinion publique par cette élection annoncée ne m’étonnent pas, pas plus que le lynchage médiatique auquel nous assistons ne me surprend. Pas plus également que les proportions prises par cette affaire et que lui donnent méthodiquement les professionnels de la démagogie, professionnels de la désinformation, nos « amis » des médias, soi-disant parangons de vertu, pour la plupart ennemis politiques déclarés de Nicolas SARKOZY. Ceux-là même qui crient à la menace fasciste quand on évoque l’insécurité. Ceux-là même qui dédouanent les multirécidivistes, les ultra-violents, les casseurs, les barbares de leurs crimes au nom de je ne sais quelle lutte sociale, je ne sais quel combat idéologique d’arrière-garde. Ceux-là même qui voudraient voir libérés pour bonne conduite les assassins des groupuscules gauchistes hérités des années soixante, soixante-dix et quatre-vingt. Ceux-là même qui laissent Ségolène ROYAL nous expliquer sans rire que le budget de l’EPAD servira à financer la prochaine campagne présidentielle du père de Jean SARKOZY en 2012 si ce dernier en prend la présidence ! A une heure de grande écoute et sans y trouver rien à redire. On croit rêver...

Comme d’habitude, on monte en épingle une affaire qui n’en est pas une. On parle de conception monarchique du pouvoir. On parle de népotisme. Mais rassurons-nous : cette micro-affaire d’Etat aux proportions planétaires sera vite oubliée et nous semblera bien anecdotique dans l’enchaînement d’autres révélations sur d’autres pseudo-scandales dont l‘unique but est de salir et déstabiliser toujours davantage Nicolas SARKOZY, sa légitimité tirée du suffrage universel, l’action de son gouvernement, et peut-être plus largement la République.

Ces polémiques sont des armes politiques et je veux dire ici ma colère devant l’hypocrisie et la complaisance de ceux que l’oncle de Frédéric MITTERRAND appelait déjà il y a plus de quinze ans les « chiens ». Ces gens n’aiment décidément pas la démocratie, surtout quand elle leur est défavorable. Et quel sera le prochain grand scandale intergalactique révélé par la presse ? Qu’est-ce qui demain matin, après-demain, la semaine prochaine, défrayera la chronique ? S’agira-t-il du redécoupage des circonscriptions électorales sur une base géographique et démographique appelé de ses vœux depuis vingt ans par le Conseil constitutionnel ? Le montant de la facture d’électricité de l’Elysée, alors ? Le fait que Nicolas SARKOZY utilise une voiture blindée au lieu de prendre un Vélib’ moins polluant et plus économique pour se déplacer dans Paris, peut-être ? Ou simplement le fait que ce soit une couturière qui reprise ses chaussettes de président de la République, et non lui-même ou sa femme ?

On comprend d'autant plus facilement l'émotion suscitée chez des personnes qui partagent notre sensibilité que la mécanique de cette mousse médiatique aux effets redoutablement corrosifs est maintenant bien rodée. Dubitatifs, sceptiques, se forgeant une opinion d’après l’âge des artères de Jean et les commentaires savants des chroniqueurs politiques, beaucoup parmi nos sympathisants m'ont interrogé pour savoir ce à quoi tout cela rimait. Et je dois même avouer que si je ne connaissais pas Jean, je me serais moi aussi peut-être posé des questions…

Mais je crains fort que cela ne continue encore longtemps, tant il me semble que cette polémique renvoie à la question de la légitimité en France de l’exercice d’un mandat politique. Faut-il être nécessairement de Gauche dans ce pays pour être vertueux et légitime à exercer des responsabilités ? Faut-il nécessairement avoir fait l’ENA ou l’Ecole Polytechnique (écoles méritocratiques et ô combien aristocratiques) pour avoir du talent et le droit (la permission ?) de faire de la politique ? Si encore on avait confié à Jean SARKOZY la responsabilité des codes de la dissuasion nucléaire ou s’il avait été nommé préfet de région ou ambassadeur, le tollé se comprendrait. Mais là, fallait-il qu’il ait 55 ou 65 ans pour enfin se soumettre à une élection et prétendre vouloir servir ses concitoyens de toutes ses forces ? La force de l’âge, bien entendu. Et moi qui croyais que la jeunesse n'était qu’un état d’esprit, et que le talent n'attendait pas le nombre des années ?...

Plus sérieusement, quel est ce pays où la jeunesse serait un péché ? Quel est ce pays où l’ambition de faire carrière et d’avancer dans sa vie quel que soit son âge ou sa condition sociale serait une honte ? Quel est ce pays où le nivellement par le bas, le misérabilisme et la repentance seraient un projet de société ?

Oui, soyons sérieux : Jean SARKOZY est le meilleur d’entre tous pour ce poste, tout simplement.




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