Conseil municipal - Débat sur le rapport de la Chambre Régionale des Comptes - (Lundi 7 avril 2008)

Retrouvez également ce discours sur une vidéo accessible sur le site de la Mairie d'Asnières-sur-Seine: http://conseil-municipal.asnieres-sur-seine.fr/conseil002_070408/conseil002_070408.htm au bout de 19 minutes 45.


Monsieur le Maire,

Mesdames, Messieurs,

Mes Chers collègues,

Je prends la parole à l’occasion du débat sur le rapport d’observations définitives de la Chambre Régionale des Comptes d’Ile-de-France portant sur la gestion de la commune d’Asnières sur les exercices 1999 à 2006, et je mesure pleinement la difficulté qui est la mienne, difficulté que je souhaiterais vous faire partager d’emblée.

Il ne s’agira pas pour moi de tenter de récuser point par point les différents éléments de son contenu, que j’ai découverts comme vous voici quelques jours, mais de vous dire au contraire et à quel point je trouve ce rapport affligeant et accablant.

Accablant parce qu’il nous révèle implacablement des réalités dont nous, élus de la majorité d’alors, chacun à notre niveau, nous ne savions manifestement pas tout. Affligeant aussi parce qu’il nous parvient enfin et qu’il nous laisse un sentiment de malaise tenant en une unique vérité : « Monsieur Aeschlimann, vous nous avez menti ! »

L’ex-maire nous a tout d’abord menti en oubliant de le présenter en Conseil municipal en octobre, novembre ou décembre 2007, tirant par la suite prétexte du respect de la Loi, pour le garder caché, nous expliquant que tout ce qui pouvait transpirer de ce rapport était bien évidemment faux, affirmant qu’il ne manquerait pas de nous le présenter plus tard, à nous comme aux Asniérois, dans un contexte apaisé, après les élections municipales et cantonales.

Que ne nous sommes-nous laissés dire alors, à longueur de réunions ou de meetings, sur la fourberie de l’opposition qui tirait prétexte d’une obligation légale pour répandre on ne sait trop quels bruits sur notre majorité sortante ? Même lorsque quelques-uns parmi les Asniérois ont reçu anonymement dans leurs boîtes aux lettres un document estampillé CRC, par ailleurs distillé par de « bonnes âmes » sur leurs sites Internet.

A tel point que le maire sortant a affirmé dans l’un de ses documents de campagne, je cite : « (…) les éléments publiés illégalement dans certains médias et diffusés dans les boîtes aux lettres se sont finalement avérés ne pas être le document officiel remis par la Chambre régionale des Comptes. (…) Beaucoup de bruit pour rien. », associant à cette assertion la reproduction d’une page mentionnant sans guillemets des éléments soi-disant extraits du rapport, et dont la mise en forme pouvait en outre laisser croire à ses éventuels lecteurs qu’il s’agissait in extenso de la reproduction d’une page du rapport. Tout simplement…

Tout simplement pour découvrir aujourd’hui, page par page, mot à mot, jusqu’à la moindre virgule, que tous ces éléments « publiés illégalement » et soi-disant faux, étaient en fait vrais ! Parfaitement vrais, totalement vrais !

Monsieur Aeschlimann, vous nous avez menti. A nous, vos collègues. A nous, vos colistiers. Comme vous avez menti, et c’est encore plus inconcevable, aux Asniéroises et aux Asniérois.

Comment réagir à la lecture de ce rapport ? Rapport, je cite, « sur la situation financière, la gestion des ressources humaines, la commande publique et certaines opérations d’investissement et d’aménagement » de notre ville.

La vérité est maintenant là, nue, crue, consternante. A plus d’un titre. Qui rend compte avec euphémisme entre autres :

  • d’une recommandation d’introduire plus de rigueur et de clarté dans la gestion du temps de travail des agents ;
  • d’un nombre très élevé et très varié de conflits divers devant les juridictions administratives et judiciaires ;
  • d’une gestion assez peu banale du parc automobile, comme en témoigne l’affectation permanente à un maire-adjoint d’une voiture de fonction et d’un chauffeur, alors qu’aucun autre élu ne bénéficiait (à ma connaissance ou sinon ponctuellement) d’un avantage équivalent ; ou encore l’étonnante double consommation de certains véhicules en gasoil et en essence ; s’il ne s’agissait également d’évoquer la contenance du réservoir d’une Clio de fonction qui prêterait presque à sourire si elle n’était si scandaleuse.

Il ne restait plus à ce fameux rapport qu’à être finalement communiqué, identique en tout point à celui qui nous était présenté quelques jours auparavant comme un faux, scandaleusement assorti d’un document de réponse valant propagande et envoyé à grands frais à tous les Asniérois par le maire défait.

Si pour ma part il m’est arrivé, vous le savez, en fidélité à mes engagements premiers, de taire mes désaccords, par solidarité avec les décisions du Conseil, et par solidarité envers mes collègues, je me refuse aujourd’hui à accepter et cautionner plus longtemps l’inacceptable.

Le choix démocratique des électeurs, je l’accepte et je m’y plie. Nous n’avons pas le droit de refuser le sort des urnes, nous n’avons pas le droit de nous défausser, et, même minoritaires, nous n’avons pas le droit de refuser de combattre et de défendre les voix de celles et de ceux qui nous ont fait confiance. Mais surtout, pour une démocratie asniéroise apaisée, nous n’avons pas le droit de mentir et d’accepter plus longtemps le mensonge, en espérant, sincèrement, qu’il n’y a plus rien à découvrir…

Asnières… Asnières, notre ville, est une ville aux milles visages. Forte de ses familles, de ses enfants, de ses aînés. Une ville de femmes et d’hommes que pour ma part j’ai toujours respectés. Dans leurs différences. Quel que soit leur âge. Quelles que soient leur condition ou leur situation personnelle. Et que j’ai toujours servis. Une ville que j’aime. Une ville que j’aime passionnément. Une ville au service de laquelle je me suis engagé depuis bien longtemps. Une ville pour laquelle je continuerai à agir. Une ville qui a maintenant besoin d’un climat renouvelé de confiance.

Mesdames, Messieurs, Mes Chers collègues,

Je vous remercie.

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